Mardi, 27 Septembre 2011 20:47
Le pape Benoît XVI est en visite en Allemagne du 22 au 25 octobre 2011. Les temps où l’Allemagne jubilait « Nous sommes pape » sont cependant révolus. Et pour nous les gays, le pape allemand est de toute façon un sujet de contrariété : à ses yeux, l’homosexualité demeure un grave péché. La compréhension est cependant plus large envers ses propres prêtres pédophiles.
La visite en Allemagne doit d’ailleurs être pour le pape un châtiment. Voilà que vient à sa rencontre le président Christian Wulff, un catholique certes mais vivant dans le péché. Celui-ci est en fait divorcé et marié à nouveau. C’est pourquoi l’homme d’état n’est pas autorisé à communier. Ce n’est guère mieux du côté de la chancelière Angela Merkel. Celle-ci est protestante et elle aussi mariée pour la seconde fois. Et pour terminer, le Maire élu de Berlin, Klaus Wowereit : celui-ci est gay, donc aussi un grave pêcheur aux yeux du pape et de plus, Wowereit trouve cela plutôt bien!
Ce court exposé démontre à quel point l’église catholique s’est elle-même isolée de la réalité du monde. Et c’est ainsi qu’elle conduit au désespoir un grand nombre de gays qui s’identifient en tant que chrétiens et se reconnaissent comme catholiques. C’est l’exclusion qu’on leur propose plutôt que la compréhension. C’est encore plus dramatique pour les gens d’église qui sont gays. Les voilà qui prêchent et se portent garants d’une religion qui décrit leur être profond comme un péché mortel, ce qui ne signifie en clair rien d’autre pour le catholicisme qu’ils iront brûler en enfer après leur mort. Le conseil de l’église catholique aux gays : si déjà vous êtes gays, vous n’avez pas le droit de vivre votre sexualité si vous souhaitez être agréables à Dieu.
Il en va tout autrement des prêtres qui s’en prennent aux enfants ou aux jeunes. La voilà disposée, (du moins elle l’a été) à recouvrir le tout d’une chape de silence. Pas de dénonciation auprès de la justice civile. Beaucoup de compréhension pour la souffrance des prêtres. Un peu moins pour la souffrance des victimes – si toutefois elle en éprouve. Les paroles onctueuses n’aident pas, au contraire, elles blessent une fois de plus. Ce n’est qu’après de fortes pressions que l’église catholique se montre timidement prête à reconnaître les crimes commis envers les enfants et les jeunes.
Les revendications des gays, et d’autres catholiques ouverts sont pourtant claires : acceptation de l’homosexualité comme une forme de sexualité humaine. Jésus était, dit-on, entouré de 12 disciples, tous des hommes, pas de femmes. Peut-être vaudrait-il la peine de méditer là-dessus, et ceci est valable aussi pour le théologien Joseph Ratzinger, pape Benoît XVI depuis le 19 avril 2005.
Pink Cross News - 23 septembre 2011